Le procès de Judith Godrèche, poursuivie pour diffamation par le cinéaste Jacques Doillon qu’elle accuse de viols quand elle avait 15 ans, se tiendra les 29 et 30 mars 2027. La date a été fixée lors d’une audience de procédure qui s’est tenue jeudi 19 février au palais de justice de Paris en présence de la comédienne et en l’absence du réalisateur. Avant l’audience, quelques dizaines de militantes féministes avaient manifesté leur soutien à Judith Godrèche qui n’a pas souhaité s’exprimer devant la presse.
« C’est une procédure destinée à lui faire peur et à la faire taire », a dénoncé auprès de l’AFP Emmanuelle Piet, présidente du collectif féministe contre le viol (CFCV), présente aux côtés de militantes #Noustoutes, de #metoomédia ou encore du collectif enfantiste. « Ces procès ont pour objectif de faire taire les victimes, c’est une stratégie des agresseurs qui font perdre du temps, de l’argent, de l’énergie, de la joie de vivre aux victimes », a abondé Florence Montreynaud, de l’association Les Chiennes de garde (CDG).
Dans un récent message publié sur son compte Instagram, la comédienne et réalisatrice de 53 ans avait dénoncé ce « procès-bâillon ». « Monsieur Doillon veut me museler, encore et toujours. Voler mes mots et violer mon corps ne vous aura pas suffi ? Ce n’était donc pas fini, Monsieur Doillon ? Dites-moi : ça finira quand ? », avait-elle notamment écrit.
La plainte pour diffamation déposée par Jacques Doillon vise un message publié par l’actrice sur Instagram le 21 février 2024 dans lequel elle disait que le réalisateur avait pour spécialité de tourner avec des enfants « avec qui il couche ». Judith Godrèche est devenue le visage du #metoocinéma depuis sa plainte pour viol sur mineur déposée début 2024 contre le cinéaste Benoît Jacquot, de vingt-cinq ans son aîné, avec lequel elle a vécu une relation à partir de ses 14 ans.
Elle a également accusé Jacques Doillon de l’avoir violée quand elle avait 15 ans. Si les faits décrits par la comédienne ne font pas l’objet de poursuites, pour cause de prescription, d’autres plaintes ont suivi et abouti à l’ouverture d’investigations. A ce jour, Jacques Doillon, qui conteste les accusations, n’a pas été mis en examen, mais placé sous le statut plus favorable de témoin assisté.